Paul Marlière,
un enquêteur reconnu internationalement
Le 1er janvier prochain, Paul Marlière quittera son poste d’enquêteur au GAD de l’aéroport de Bierset au terme d’une carrière de 34 ans au sein de notre administration. Son expertise dans le domaine des stupéfiants, des nouvelles substances psychoactives (NSP), des armes et plus spécifiquement de l’analyse du courrier express et du fret aérien est reconnue internationalement. Il a donné de nombreuses formations à l’étranger, en Afrique surtout, sous la direction des Nations Unies, mais il n’hésite jamais non plus à coacher les nouveaux collaborateurs de notre administration. Sa collaboration, tant interne qu’externe (police, justice, services de renseignement, etc.), est appréciée de tous, et c’est la raison pour laquelle ses collègues estimaient qu’une médaille serait un beau signe de reconnaissance pour sa carrière plus que réussie à la douane.
Paul, était-ce un rêve d’enfant de devenir douanier, ou bien avez-vous suivi une formation pour faire autre chose de votre vie ?

À vrai dire, je n’avais jamais pensé, dans ma jeunesse, à faire carrière à la douane. Je connaissais surtout les douaniers « de l’autre côté de la barrière ». Mon père était en effet officier au sein des forces armées belges en Allemagne, et nous traversions régulièrement la frontière à Lichtenbush. Par la suite, lorsque j’étais matelot au sein de la marine marchande, je croisais mes futurs collègues lors de mon retour au port d’attache (Anvers...). C’est donc plutôt par hasard qu’en 1987, je me suis retrouvé à la douane à Eynatten, où j’ai commencé une carrière longue et variée, mais rétrospectivement, je suis satisfait des opportunités dont j’ai bénéficié au sein de cette administration.
C’est tout ce qu’on vous souhaite, Paul, profitez pleinement de votre retraite et encore un tout grand merci pour la bonne collaboration de ces dernières années.
Et donc, vous avez été matelot ?

Oui, j’ai été matelot pendant cinq ans. J’ai en effet toujours rêvé de découvrir le monde...
Pouvez-vous nous dire comment vous avez atterri à la douane, alors ?

Eh bien, lors d’un de nos retours en Belgique, j’ai fait la rencontre de celle qui allait devenir mon épouse. Ces 39 dernières années, elle a été mon soutien et mon réconfort. Après la naissance de notre deuxième enfant – au final, nous en aurons quatre et nous sommes maintenant les fiers grands-parents de quatre petits-enfants – je trouvais qu’il était important de trouver un bon travail. J’ai participé à un examen pour le ministère des Finances (maintenant le SPF Finances) organisé par le Secrétariat permanent de recrutement (maintenant Selor). Après avoir réussi, j’ai pu choisir entre différentes administrations (Contributions directes, Cadastre, etc.), mais je me suis dit : « Pourquoi n’irais-je pas à la douane ? ». Au final, je trouve que j’ai fait le bon choix.
D’ailleurs, depuis combien de temps travaillez-vous au GAD de l’aéroport de Bierset, et avez-vous travaillé précédemment dans beaucoup d’autres services ?

J’ai commencé auprès des collègues d’Eynatten, au début du mois de décembre 1987. Ensuite, j’ai été muté au service Accises de Verviers, où je suis resté trois ans.
Lorsque j’ai réussi l’examen de rédacteur (maintenant assistant administratif) en 1990, j’ai été nommé au poste-frontière de Visé, qui se situe sur la E25, entre Visé et Maastricht. C’est là que j’ai effectué ma première saisie de stupéfiants. Ce n’était toutefois que la première d’une longue série...
Le 31 décembre 1992, j’ai dû dire adieu à ce poste en raison de l’ouverture des frontières intérieures de l’UE (voir les articles de journaux joints).
Après avoir réussi un examen, j’ai été nommé vérificateur adjoint (maintenant expert financier) à la brigade motorisée de Liège. Après trois ans, j’ai été muté à la brigade motorisée de Malmedy, où j’ai également travaillé trois ans.

J’ai ensuite eu deux fois l’opportunité de participer à deux missions internationales en Macédoine, pendant la guerre des Balkans.
De 1999 à 2000, j’ai également travaillé pour la cellule « Précurseurs » en tant que vérificateur (maintenant expert fiscal) jusqu’à la création du GAD de Liège (aéroport de Bierset). Depuis lors, je fais partie de cette équipe.

Grâce à mon travail au GAD, j’ai eu l’opportunité de visiter différents pays, notamment à l’occasion de réunions internationales (Groupe Pompidou, préparation d’opérations internationales, etc.). Depuis cinq ans, je suis également régulièrement amené à donner des formations en Afrique pour l’ONUDC (l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime).
Comment avez-vous vécu ces missions à l’étranger ?

Il s’agissait de missions internationales visant à contrôler l’embargo contre la Serbie et le Monténégro. Ces missions rassemblaient des douaniers de différentes parties du monde : cela a vraiment été l’occasion pour moi de découvrir que la « douane » est une seule grande famille.
Vous comprenez et parlez également le néerlandais, est-ce que cela a été un atout dans votre carrière ?

Mon néerlandais n’est pas parfait, mais il m’a clairement aidé à entretenir de meilleures relations avec mes collègues, comme à la cellule Précurseurs, et avec les collègues du GAD de Zaventem.
Qu’est-ce qui vous pousse à donner chaque jour le meilleur de vous-même dans la lutte contre la drogue, les armes, les infractions CITES, etc. à l’aéroport de Bierset ?

J’ai toujours trouvé ce travail au GAD fascinant : le virus du GAD m’a été transmis par nos collègues de Zaventem, tels que Danny Struys, Paul Meuleneire et bien d’autres encore, et je souhaite profiter de cette occasion pour les saluer et les remercier. Grâce à ce travail, j’ai également pu établir de nombreux contacts avec des collègues étrangers, et c’est tout un monde qui s’est ouvert à moi : la douane est en effet une seule grande famille et cet esprit d’entraide est fantastique.
Y a-t-il un successeur pour reprendre le flambeau ?

En ce qui concerne ma « succession », j’ai la chance d’avoir de jeunes collègues à qui j’ai pu transmettre ce virus. J’espère que cela pourra continuer ainsi et qu’ils auront une carrière aussi passionnante que la mienne. Si je peux malgré tout formuler un regret, c’est que notre administration ne développe pas suffisamment de mécanismes au niveau structurel pour organiser le « transfert des connaissances », car il est en effet particulièrement enrichissant de pouvoir partager l’expérience acquise.
Comment souhaiteriez-vous que ce transfert de connaissances se fasse ?

Les problèmes liés aux « drogues, précurseurs et NSP », ainsi qu’à la CITES ou d’autres questions « de droit commun » sont des problèmes qui peuvent toucher l’ensemble de nos services, tant dans le secteur aérien que lors de contrôles routiers. Il serait intéressant de pouvoir échanger les expériences tant théoriques que pratiques (accompagnement sur le terrain) avec ces collègues.
Que signifie cette médaille pour vous ?

C’est un plaisir de pouvoir recevoir cette médaille car il s’agit quand même d’une forme de reconnaissance, mais si vous aimez votre travail, vous n’avez pas besoin de remerciements. J’estime surtout que cette médaille revient à l’ensemble de l’équipe, car sans équipe, pas de résultats.
Comment envisagez-vous votre retraite ?

Je suis certain que ma femme, mes enfants et mes petits-enfants ne me laisseront pas le temps de m’ennuyer, donc aucun risque à ce niveau-là. Je ne doute pas non plus que mes collègues continueront à informer leur « papy » de leurs activités.

Bien entendu, notre travail est exigeant et chargé, j’espère donc avoir plus de temps pour continuer à découvrir le monde lorsque je serai à la retraite.
09.11.2021   •   Texte : traduit par le Service de Traduction   •   Mise en page : Ilse De Witte   •   Photos : Stéphane Biebuyck, Paul Marlière et Kathleen De Backer