Je veux devenir motard
"Je veux devenir motard ! " Pour certains, il s’agit peut-être du job de leur rêves. Nous nous sommes entretenus avec notre collègue Andy Peiffer, qui assure la formation des candidats motards de notre administration. Il nous a donné une bonne idée des tâches qu’un futur motard sera amené à effectuer, mais aussi de ce qui est demandé pour pouvoir réussir en tant que motocycliste professionnel au sein de notre administration.
Andy, pourriez-vous vous présenter brièvement ?

Avec plaisir. J'ai 41 ans, je suis une personne très famille et je vis avec mes deux filles, mon fils et ma femme à Eynatten. Je travaille dans cette administration depuis 2003 et j'ai commencé comme agent financier à la douane d'Eupen jusqu'à ce que je rejoigne l’équipe des motards en 2007, après ma formation au camp militaire de Diekirch (L). En même temps, je travaille encore comme expert fiscal au sein du « Operational Service Mototeam » dirigé par monsieur Patrick de Deken.

En quoi consiste votre travail aux Douanes et Accises ?

J'ai plusieurs responsabilités au sein de la douane. Pour commencer, je fais donc partie du Mototeam national, qui opère dans toute la Belgique à la demande de différents services. Depuis 2009, je suis instructeur « conduite moto » et en 2013, je suis passé formateur en chef. À présent, je suis donc responsable de la formation des nouveaux candidats motards et je prévois aussi chaque année des remises à niveau pour les motards déjà actifs. Parallèlement, je donne des cours au niveau de l’utilisation de l’arme à feu aux collègues germanophones dans le cadre de mon travail au service CITT.
Pourquoi avez-vous choisi ce métier et qu'est-ce qui vous motive au quotidien ?

Au début, c'est surtout ma curiosité qui m'a poussé à rejoindre le Mototeam national. J’étais jeune et j’aimais les motocyclettes. Le projet de former les motards de notre administration est arrivé au bon moment pour moi. Même si je ne savais pas à quoi m'attendre, car le secteur des ressources humaines n'était pas aussi structuré à l'époque qu'aujourd'hui et les informations reçues étaient trop sommaires. En même temps, nous étions les premiers fonctionnaires à faire une demande et donc, on était des pionniers dans ce domaine. Ainsi, nous avons rapidement découvert que cette formation était très lourde aussi bien sur le plan physique que mental. Mais c’est précisément ce qui m’a poussé à l’époque et c’est ce qui me motive encore aujourd'hui : de faire quelque chose que tout le monde ne fait pas ou ne peut pas faire.
Quels sont les critères qu'un candidat motard doit remplir pour pouvoir participer à la formation ?

Un motard doit être sportif, courageux, avoir de l’assurance et un mental fort. Il ou elle ne peut pas agir de manière irréfléchie ou chaotique, et doit pouvoir résister au stress. Le candidat motard doit être prêt à se débarrasser de ses vieilles habitudes et à accepter de nouvelles choses. Mais le plus important est d’être capable de travailler en groupe. L’esprit d’équipe est très important. Personne ne peut terminer un stage « tout seul ». Nous formons les personnes à faire confiance à leurs coéquipiers et à se fier à eux. L’entraînement est long et fatigant. Il s’agit d'une formation exigeante tant sur le plan physique que psychique.
Où se déroule la formation des motards de l’AGD&A ? Combien de temps dure la formation ? Est-ce que les participants rentrent chez eux à la fin de la journée ou y a-t-il un centre de formation où ils peuvent rester ?
À Elsenborn, nous avons trouvé les conditions optimales pour organiser une formation de trois mois (12 semaines) pour les candidats motards. Nous pouvons par exemple exceptionnellement utiliser un aérodrome désaffecté pour mener nos formations en toute sécurité. À côté, il y a une piste de motocross, que nous pouvons utiliser gratuitement. Bien entendu, le centre d'entraînement abrite également d'autres infrastructures indispensables, telles qu'une salle de fitness, une rampe d'athlétisme de 400 mètres, un restaurant, un carwash, un garage, des logements avec installations sanitaires, etc. Les participants et les formateurs ont chacun leur propre chambre, dans un bloc qui est loué par notre administration pour la durée de la formation. Bien qu'ils soient libres de rester sur place ou de rentrer chez eux à la fin de la journée, tous les participants sans exception restent au centre de formation. De plus, à proximité du camp se trouvent les routes les mieux adaptées et les plus sinueuses, dont nous avons évidemment besoin pour apprendre à parfaitement maîtriser les virages. C'est une partie de la formation qui ne doit pas être sous-estimée. Dans notre recherche du centre de formation idéal, plusieurs options ont été envisagées, mais nous n'avons pas encore trouvé de meilleure solution que celle offerte par Elsenborn.
Combien d'instructeurs y a-t-il ? Comment gérez-vous le problème de la langue ?

Nous sommes une équipe de quatre hommes. Erik Peeters et Tony de Poorter s'occupent de la partie néerlandophone, tandis que John Schmitz et moi-même gérons respectivement les motards francophones et germanophones.

Donc, tous les groupes linguistiques sont parfaitement couverts. John est également secouriste chez les pompiers et peut immédiatement prodiguer les premiers soins en cas d'accident. C'est très rassurant de l'avoir avec nous.

Dans les faits, tous les instructeurs parlent et comprennent le néerlandais et le français. Il n'y a donc jamais de problème. Bien au contraire, nous mélangeons délibérément tous les participants afin de promouvoir l'esprit d'équipe au-delà de la langue. Notre devise est la suivante : « Nous ne formons pas de germanophones, de Flamands ou de Wallons, mais des motards. »
Combien de motards peuvent suivre la formation en même temps ?

En principe, nous pouvons former autant de motards qu'il y a de motocyclettes disponibles. Pour l'instant, il y a huit vélos de course et six motos de cross. La formation actuelle a commencé avec 12 candidats et maintenant, à la huitième semaine de la formation, il en reste six.
Quel est le type de moto utilisé par nos motards ?

Le véhicule de service est une BMW RT 1200 ou 1250 (en fonction de l’année de la commande). Ce sont des motocyclettes très lourdes mais aussi très faciles à manipuler, avec des moteurs boxer. Comme on peut le voir sur la photo, ces motocyclettes sont équipées d'une lumière bleue, d'une sirène et de bandes personnalisées. Elles ont une puissance allant jusqu'à 136 ch et accélèrent de 0 à 100 km/h en 2,9 secondes. Les véhicules que nous utilisons pour la formation sont la Kawasaki Z900 de 126 ch et la Kawasaki KX450F Motocross.
Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur la manière dont se déroule la formation : qu’est-ce que nos motards doivent pouvoir faire ? Quels sont les exercices les plus difficiles pour la plupart des participants ?

La formation est très stricte et structurée. Chaque spécification a sa place bien précise. Les entraînements sont très différents, mais certains éléments reviennent à chaque fois. Après une explication détaillée par les instructeurs de ce que l'on attend des participants, ceux-ci peuvent poser des questions. Ensuite, le formateur montre l'exercice afin que les participants puissent voir de quoi il s’agit et puissent le copier. Au fil des ans, nous avons appris qu'une bonne explication suivie de plusieurs centaines de répétitions sur les motocyclettes était le seul moyen de réussir. Le plus difficile pour les participants est de surmonter les obstacles, de faire aveuglément confiance aux instructeurs et d'avoir le courage nécessaire pour essayer quelque chose de nouveau, comme en motocross, par exemple.

Est-ce que les participants apprennent quelque chose sur l'entretien de leur motocyclette ?

Oui, bien sûr, mais nous nous limitons à l'entretien normal du moteur et à la vérification de son état technique avant chaque sortie. Il est important qu'un motocycliste puisse expliquer le problème au garagiste au préalable, mais il ne faut pas oublier que nous ne formons pas de mécaniciens. Le proverbe dit bien « à chacun son métier et les vaches seront bien gardées ».

Y a-t-il des examens à la fin de la formation ?

La formation comprend 12 épreuves au total, qui doivent être réalisées à intervalles réguliers au cours de la formation. Donc, toutes les épreuves n'ont pas lieu à la fin de la formation. Ces épreuves comprennent : motocross - habileté à moto, technique de virage et lignes de conduite, conduite d'intervention et sport.

Que se passe-t-il lorsque le participant ne réussit pas ?

Si le candidat n'obtient pas un score suffisant, il ne sera pas admis à la brigade motorisée nationale. Pour autant que je sache, il ou elle devra retourner dans son unité initiale.

Selon vous, quels sont les critères auxquels un bon motocycliste doit répondre ?

En principe, les mêmes critères que ceux demandés pour postuler à cette fonction. On peut apprendre les aptitudes et les techniques, c'est à cela que sert la formation, mais ce que l’on ne peut pas apprendre et que l’on doit cependant avoir, c'est de la bonne volonté, un esprit rationnel, la motivation, la discipline, la capacité de travailler en équipe, l'obéissance et le mordant (comprenez la passion, la volonté de ne pas lâcher).

Y a-t-il des remises à niveau par la suite ?

Depuis 2008, des remises à niveau annuelles et obligatoires sont organisées pour tous les motards de notre administration. Malheureusement, le virus de la Covid a empêché la tenue de ces cours l'année dernière. Mais ils vont reprendre cette année.

Merci pour cet agréable entretien, Andy.
08.12.2021   •   Texte : Andy Peiffer et Anne Van Puymbroeck   •   Mise en page : Ilse De Witte   •   Texte traduit par le service de traduction   •   Photos : William Verbraekel -
Sven Daelman - Jean-Pol Schrauwen Tchekeroul Kouch - clem-onojeghuo-LLB2Nx-znmM-unsplash
Andy Peiffer