Le 26 janvier a été proclamé Journée Internationale de la Douane. Cette initiative a été lancée en 1983 par l’OMD à l’occasion de son quarantième anniversaire. Chaque année, notre Administrateur général donne une touche particulière à cette journée en décorant une dizaine de collègues de la médaille du mérite lors d’une cérémonie festive à l’hôtel de ville de Bruxelles, suivie d’une visite au Manneken-Pis et d’un petit repas.

Si Catharine, Preben, Stefan, Bruno, Michele, Eddy, Roger, Paul, Dominique, Bernhard et Anne pensaient que cette année, notre Administrateur général ne fêterait pas la Journée Internationale de la Douane à cause des mesures sanitaires, ils avaient tort. La médaille leur a personnellement été remise à la maison ou au travail et par le biais d’une courte vidéo, ils ont également eu l’opportunité de remercier chaleureusement l’Administrateur général et les collègues qui les ont sélectionnés pour ce signe de reconnaissance.

Ainsi, Bruno travaille en tant que motard à la brigade motorisée nationale depuis 2007, année où celle-ci a été relancée. De nombreux collègues le connaissent car il prête main-forte avec beaucoup d’enthousiasme aux différentes équipes de première ligne lorsque celles-ci effectuent des contrôles sur la voie publique. De plus, Bruno répond toujours présent lorsque notre administration souhaite faire découvrir aux citoyens les nombreuses tâches que nous accomplissons au service de notre société lors des Journées des ports et de la flotte, ou bien lors des Journées des flics d’antan. Nous avons le plaisir de vous présenter...

... Bruno,
le motard passionné
Petit garçon, Bruno passait des heures dans le garage. Alors que ses frères et sa sœur s’amusaient quelque part dans la maison, il se glissait dans la voiture de son père et, assis derrière le volant, il s’imaginait qu’il faisait un vrai tour en voiture. « En fait, tout ce qui peut se déplacer grâce à un moteur m’a toujours énormément fasciné », admet Bruno en souriant lors de notre interview. Il va sans dire qu’il a été parmi les premiers à se présenter en tant que « motard » lorsque notre administration a reconstitué une brigade motorisée.

Comment êtes-vous arrivé dans notre administration, Bruno ?

Après l’école secondaire, je voulais suivre une formation d’enseignant, mais comme mon grand-père et mon père travaillaient déjà à la douane, nous avons également été encouragés à participer aux examens, qui étaient encore organisés à l’époque par le Secrétariat permanent de recrutement. Comme j’ai réussi cet examen, j’ai directement commencé à travailler à l’AGD&A. Avec le recul, c’était un très bon choix. Notre administration nous offre de nombreuses possibilités de développer notre carrière selon nos souhaits, pas vrai ?

Votre carrière en est donc un bon exemple ?

Oui, j’ai commencé en 1978 au port d’Anvers, au Nord. Après avoir fait partie de l’équipe de vérification pendant près de 25 ans, il m’a semblé intéressant de me pencher plus en profondeur sur les cas de fraude, au service de recherche d’Anvers. Les collègues de ce service étaient également très sympathiques, mais le job ne me plaisait pas vraiment. Dès que j’ai entendu que l’AGD&A avait l’intention de reconstituer une équipe de motards comme dans les années trente, le choix a vite été fait, vu ma passion, et je me suis engagé pleinement dans la brigade motorisée nationale. J’y travaille maintenant depuis quinze ans déjà (depuis 2007).

J’ai entendu dire que votre formation de motard n’a pas été une sinécure. Pouvez-vous nous en dire davantage ?

Cette formation avait lieu chez nos collègues du Grand-Duché de Luxembourg et durait trois mois. Au début, je pensais que ça se passerait très bien, jusqu’à ce que je réalise que la formation aurait lieu dans une caserne, sous une discipline militaire. Tout comme les soldats à l’armée, nous devions nous lever très tôt pour répondre à l’appel et, une fois notre formation du jour terminée, nous devions encore nettoyer les toilettes et d’autres locaux, en plus de notre véhicule. La formation était si lourde que nous n’avions pas le temps de nous familiariser avec un exercice donné, nous devions immédiatement passer à la manœuvre suivante, avec toute l’incertitude que cela implique. Lorsque nous faisions une erreur, les instructeurs nous réprimandaient vertement. De plus, nous devions passer dix tests, pour lesquels nous devions obtenir un total d’au moins 50 %. L’ambiance et les tests généraient un stress permanent. Nous étions douze candidats au départ, et à la fin, nous n’étions que quatre à avoir réussi.

Vous pensez que l’approche pourrait être différente ?

Oui, certainement ! Bien sûr, nous avons appris énormément de choses, mais je suis convaincu qu’on peut atteindre les mêmes résultats d'une autre façon.

Par exemple, nous avons suivi par la suite une formation sur l’escorte de véhicules auprès de la police militaire en Belgique. Cette formation était assez rude – les journées étaient longues et les instructeurs ne mâchaient pas leurs mots – mais il n’y avait pas la virulence verbale de l’armée.

Les candidats motards actuels reçoivent désormais une formation interne sous la houlette de notre collègue Andy, assisté de John. Nos collègues Tony et Erik suivent actuellement une formation d’instructeur auprès d’eux. L’ambiance de cette formation ressemble davantage à celle à la police militaire.

Les mesures liées au coronavirus ont-elles eu un impact sur votre travail quotidien ?

Oui, bien sûr, pratiquement dès le début de mars 2020, on nous a demandé de prêter main-forte à la Police Fédérale aux frontières du pays. C’était, je dois bien le dire, une période assez intense. Il fallait être présents dans le dispositif pendant tout le shift du matin (de 6 h à 14 h) et pendant tout le shift du soir (de 14 h à 22 h). J’ai eu la chance de pouvoir rester dans la province d’Anvers, mais notre équipe est déployée au niveau national. D’autres collègues devaient donc faire de longs allers-retours.

C’était la Police Fédérale de la route qui était aux commandes. Au début, nous faisions uniquement des contrôles statiques : en collaboration généralement avec la police, nous arrêtions les véhicules un par un à la frontière et nous contrôlions si leur raison de passer la frontière était essentielle ou non.

Ces contrôles de police ont ensuite été organisés de telle façon à ce que nous empruntions les routes secondaires pour y intercepter et y contrôler les véhicules qui tentaient de contourner les contrôles de police. S’ils n’avaient pas de bonne raison de passer la frontière, nous escortions alors ces véhicules vers le dispositif, où la police leur dressait un PV covid.

Vous êtes une « équipe nationale » de motards, dites-vous. Comment est-ce que cela fonctionne ?

Nous avons un lieu d’affectation propre, mais nous sommes dirigés de manière centralisée depuis Bruxelles par Patrick, notre chef direct. Sous sa direction, un planning est établi pour chaque motard, sur la base des demandes d’assistance des équipes « Contrôle sur la voie publique ». Luc établit notre planning de travail, que nous pouvons consulter sur un SharePoint.

Nous travaillons selon le régime de prestations irrégulières, pas selon le système de shifts. Cependant, on ne rejoint pas l'équipe des motards pour ses avantages spécifiques – je ne vais pas m’attarder là-dessus, cela nous mènerait trop loin – on devient « motard » à l’AGD&A par passion. Vous avez bien sûr une certaine autonomie, vous déterminez vous-même le temps dont vous avez besoin pour rejoindre un certain dispositif. Cette confiance qui nous est accordée est, en ce qui me concerne, une forme de reconnaissance qui renforce en soi la bonne volonté des motards.

Vous recevez cette médaille parce que dans ce travail, vous donnez chaque jour le meilleur de vous-même. Qu’est-ce qui vous motive ?

Eh bien, la combinaison entre, d’une part, pouvoir travailler pour le bien commun et, d’autre part, le plaisir que je ressens toujours lorsque je roule à moto. J’aime particulièrement intercepter des véhicules sur l’autoroute, par exemple.

Vous retrouvez-vous souvent dans des situations dangereuses ?

Dès la fuite d’un conducteur lors d’un contrôle, vous vous retrouvez dans une situation dangereuse. Lors d’une course-poursuite, nous avons ainsi vu un conducteur lancer une grande quantité de haschich par la fenêtre. Mon collègue s’est arrêté pour ramasser la drogue. J’ai continué la course-poursuite, je suis finalement parvenu à faire s’arrêter le conducteur en fuite, et j’ai stationné ma moto un peu plus loin devant la voiture. Alors que je me dirigeais vers lui, il a mis les gaz et a percuté ma moto, qui, en raison de la vitesse élevée, a atterri de l’autre côté de la route. Bien entendu, elle était fortement abîmée.

Je n’aime pas les courses-poursuites, car elles nous forcent à prendre des risques imprévisibles. En tous cas, notre formation a déjà bien porté ses fruits ces dernières années.

Le 1er mai prochain, vous prendrez votre retraite. Quels beaux souvenirs emporterez-vous ?

Outre le travail lui-même et les bons contacts avec les collègues, j’ai toujours fortement apprécié nos participations aux Journées des flics à Gand ou à la Journée de la Douane à Bokrijk. Nous pouvions alors emmener des enfants enthousiastes faire un tour sur un parcours bien délimité à l’arrière de la moto. Tout était vraiment bien organisé.

Une chouette anecdote est l’histoire d’une mère qui voyageait avec son enfant dans un bus d’Eurolines. Dans une station-service, où nous étions par hasard présents, elle a profité de l’arrêt pour aller à la boutique. Mais, une fois de retour dehors, le bus était parti... avec son enfant à bord !  Elle s’est précipitée vers nous, paniquée. Nous avons immédiatement réagi et l’avons installée dans notre combi. Entre-temps, je m’étais déjà lancé à la poursuite du bus, pour le faire s’arrêter sur le côté de la route. Nous avons ainsi pu réunir la mère et son enfant. Tout le monde était content.

Tout le monde était content, donc... Merci, Bruno.
La formation au Luxembourg n'est pas pour les petites natures (douane en position latérale sur la moto)
Photo prise en compagnie du ministre des Finances de l'époque J. Van Overtveldt, lors de l'action de la douane à Rekkem avec la police fédérale en 2015
En plain travail lors de la Journée des ports à Anvers
Bruno prend la pose après une journée de formation au Luxembourg
Photo de groupe des premiers motards lors du lancement de la brigade motorisée nationale en 2007
Photo de groupe de tous les collègues qui ont participé à la Journée de la douane à Bokrijk
Texte: AVP   •   Photos: Stephane Biebuyck, Michaël Van Giel, William Verbraekel et AVP   •   Mise en pages: IDW
Bruno Borgonjon