Je veux construire une cathédrale 
Administrateur général Kristian Vanderwaeren
Nous avons le plaisir de vous présenter notre nouvel administrateur général, Kristian  
Vanderwaeren. Son rêve est de construire avec nous tous une « cathédrale » mais  
qu’entend-il exactement par là ? Nous lui avons demandé de l’expliquer lors d’un  
entretien que nous résumons ci-dessous.
Qu’est-ce qui vous a déjà étonné aux D&A ces dernières semaines?
J’ai le sentiment que vous avez besoin d’un nouveau récit qui soit reconnaissable. Par ailleurs, je ne retrouve pas toute la fierté que j’avais ressentie précédemment dans votre administration. Lorsque je collaborais avec votre administration, il y a près de 15 ans, cette fierté était fortement présente parmi vous. C’est étrange car nous sommes tout de même « un corps »  revêtu d’une fort belle mission sociétale …

Parler avec les gens et les écouter, de sorte qu’ils croient aussi dans le grand plan est difficile. Je ne veux pas que vous ayez le sentiment : « Qu’est-ce qu’ils veulent encore faire, ici, tout est décidé par-dessus notre tête, nous ne sommes au courant de rien … ».

Cette administration est comparable à une grande entreprise avec de nombreux travailleurs. C’est une utopie de vouloir s’adresser à chaque personne. Je vais devoir la déléguer cette tâche à des collaborateurs solides qui peuvent porter le message.

De plus, je dois me tenir à la réglementation qui régit le fonctionnement de l’administration et je suis souvent dépendant des décisions qui sont prises par d’autres instances. Attention, dans le secteur privé, il y a également des règles à respecter !

Enfin, je suis convaincu qu’en tant que nouvel arrivant, je vais probablement me heurter à beaucoup de réserve. Les gens peuvent faire librement des commentaires dans un but constructif. Cela signifie qu’ils sont ouverts au dialogue et qu’ils veulent donner une chance au « rêve». On peut donc réclamer mais alors, positivement : ils doivent me signaler quand leur rêve/objectif est bloqué. Tout dialogue est possible aussi longtemps qu’il s’agit d’une critique constructive.
Quel message voulez-vous donner aux douaniers ?

Je dois d’abord finaliser mon plan de management dans les prochains mois et faire un inventaire de ce qui est déjà atteint, etc. ensuite, je veux
défendre mon emploi du temps comme administrateur général : il y a les tâches que je dois accomplir à Bruxelles et, à côté de cela, j’ai mes
obligations internationales et européennes mais je suis aussi curieux de ce qui se passe sur le terrain. Je viendrai donc certainement dans les
services extérieurs.

Je vois des qualités au sien de notre personnel. Nous allons développer ensemble une bonne vision et chaque échelon devra donner le meilleur de
lui-même. De cette façon, nous obtiendrons des résultats en tant que corps et chacun d’entre nous pourra dire fièrement : « Je suis un douanier
(accisien)».

Date: 4.2.2016
Texte: Anne Van Puymbroeck
Traduction: Michèle Joly
Lay-out: Ilse De Witte

 
Monsieur Vanderwaeren, pouvez-vous citer 5 mots qui vous décrivent  bien ?

Dans ce cas, je dirais : énergie, enthousiasme, humanité, fun, rêve, … mènent à des résultats.

S’il y a quelque chose que je peux apporter, c’est certainement de l’énergie ; je suis comme une canette de Red bull. Cette puissance, vous l’atteignez en étant vous-même très enthousiaste et en transmettant cet enthousiasme aux collaborateurs, de sorte qu’ils embarquent avec vous dans l’aventure.  Les collaborateurs sont très importants à mes yeux : je me concentre sur « l’humain» derrière le douanier. Ce dernier doit se sentir bien à son travail. Il doit en éprouver du plaisir. Dès que vous n’éprouvez plus de plaisir dans votre travail, vous devez vous orienter  vers autre chose. Et enfin: pour développer une vision, pour stimuler les collaborateurs à réaliser des choses ensemble, vous devez partir d’un rêve. Attention toutefois qu’un rêve, vous devez toujours l’ajuster et le chemin pour le réaliser est le management. Vous travaillez par petites étapes car le chemin est cahoteux. Il n’est jamais en ligne droite. Mais le but, le résultat, vous devez toujours l’avoir à l’œil. Atteindre vos objectifs vous apporte la fierté, le sentiment du « We have done it !» (Nous l’avons fait !).
Vous êtes le premier manager externe aux D&A. Quels défis avez-vous dû relever pour faire cette transition ?

Je viens en effet du secteur privé mais j’y ai tout de même acquis pas mal d’expérience avec le SPF Finances (comme conseiller en douane et comme fournisseur d’information au SPF Finances). Le privé, je le connais. L’administration travaille en effet différemment dans certains domaines, mais pas plus mal pour autant. Je n’aime pas cette vision noir et blanc. « À l’administration, ils ignorent ce que c’est de travailler durement », c’est un faible cliché ; je peux vous assurer qu’on travaille ici durement. Dans cette nouvelle fonction, j’estime même qu’il m’appartient de faire clairement savoir aux entreprises que nos collaborateurs sont très engagés mais que certains mécanismes sont différents, comme par exemple le recrutement de personnel, la promotion des collaborateurs, cela demande ici plus de temps et de patience.

Pour vous faire comprendre pourquoi j’ai fait cette transition, je voudrais vous raconter ce petit récit : « Au Moyen-Age, un homme sage partit en Italie afin de développer sa carrière. Sur son chemin, il rencontra un tailleur de pierre. Il s’arrêta et lui demanda : « Que faites-vous ? » Le tailleur de pierre répondit, irrité : « Je taille des blocs de marbre, vous ne voyez pas ? ». L’homme remercia le travailleur et poursuivit son chemin. Plus loin, il rencontra un deuxième tailleur de pierre. À cet homme aussi il demanda : « Que faites-vous ici ? » « Ah », répondit l’homme, « je taille des blocs de marbre avec lesquels je construis une cathédrale ».

Eh bien, j’ai atteint l’âge auquel je souhaite relever des défis professionnels qui me semblent formidables. Je rêve de contribuer à ce que les Douanes et Accises deviennent une administration moderne qui apporte des réponses aux nombreux défis posés par l’économie mondiale actuelle. Seul, je ne peux pas le faire. Pour cela, j’ai besoin des « bonnes personnes ». J’ai précisément osé faire cette transition parce que j’avais déjà pu éprouver antérieurement votre professionnalisme, votre enthousiasme et votre créativité.

À présent, je me trouve face à la tâche la plus difficile, qui est de faire en sorte que mon rêve (construire une cathédrale des douanes et accises) et votre rêve (chacun de nous est une pierre ou une partie de cette cathédrale) coïncident de manière importante. Mais cela ne m’énerve pas, je suis plutôt impatient de me mettre au travail avec vous.

Comment allez-vous faire pour que ces rêves coïncident le plus possible ?

Je veux occuper les collaborateurs à la bonne place selon leurs talents et leur expliquer quel est leur rôle dans ce grand rouage. Afin d’atteindre notre but, j’ai besoin de personnes qui souhaitent aller très loin pour atteindre leurs objectifs et qui sont également prêts à soutenir les autres chefs d’équipes.