Veux-tu te présenter? Qui es-tu, où habites-tu, … ?

Mon nom est Rudy Bellen, j’ai 50 ans et j’habite à L’Ecluse/ Beauvechain.  J’habite à la frontière linguistique, à trois mètres dans la Wallonie et je suis un vrai belge, bilingue français/néerlandais, père flamand et mère wallonnes.  J’ai un fils de 21 ans.


SOUS LA LOUPE : RUDY BELLEN
Quel est ton hobby?

En fait, j’en ai plusieurs : je suis comédien amateur au  théâtre et figurant, j’aime aussi rouler à vélo et à moto, et faire du fitness.

As-tu une anecdote amusante?

Ma rencontre avec l’actrice belge connue «  Emilie Dequenne « sur le tournage de “The missing”. Elle est tellement jolie et sympa que j’en serais bien tombé amoureux immédiatement. Dommage, ce n’était pas réciproqueL. J’ai aussi joué la nuit dans le cimetière de Laeken pour un feuilleton flamand ; c’était très spécial … On a aussi dû jouer les morts pour un film qui n’est pas encore sorti  (nous devons aussi signer une clause de confidentialité car nous ne pouvons rien dévoiler des films avant leur sortie) et je peux vous dire que c’est au moment où le metteur en scène dit « on tourne» que votre nez chatouille ou que vous avez une crampe. C’est très compliqué de jouer un mort.


Je peux vous dire que j‘ai eu des surprises en rencontrant des acteurs connus : ils sont super sympas alors qu’ils ne le paraissent pas du tout ou alors, c’est le contraire. Et contrairement à ce que l’on croit, ils sont plus beaux en vrai qu’à l’écran. À l’écran, vous prenez tout de suite de cinq à dix kilos supplémentaires !
Je suis un peu déçu des figurations car j’espérais qu’elles me permettraient d’avoir un tremplin vers des rôles plus important, mais ce n’est pas le cas. Par ailleurs, je manque de temps pour passer des castings en plus de mon vrai métier de douanier. Mais je n’abandonne pas ce rêve. C’est toujours amusant de ce mettre dans la peau d’un autre. Je deviens vieux mais jouer TINTIN m’aurait très bien été.
Comme vous voyez, ma vie est bien remplie et je trouve dommage de devoir dormir (c’est pour moi une perte de temps). Car en plus de cela, j’étudie « la science du bien-être et de la pensée positive » pour devenir coach alors, 24 heures par jour, c’est trop peu.
Ma devise l’homme est naturellement : « Tu n’es pas programmé pour être heureux mais tu peux apprendre à l’être. Et n’abandonne pas tes rêves, car ils se réaliseront peut être d’ici une minute ou une heure ou un jour. Crois en toi !».


Texte: Michèle Joly
Mise en page: A.V.P.
Que fais-tu à l’administration? Quelle est ta carrière ?

Au tout début de ma carrière, en 1986, j’ai été « facteur ville» à l’entrepôt des douanes de Bruxelles.  Je transportais du courrier vers les différents postes de douane. Ensuite,  j’ai  été accisien au contrôle des débits de boissons et des entrepôts  fiscaux. Par la suite, je suis devenu chauffeur à la haute direction pendant 13 ans. J’ai connu différent directeurs  généraux, dont la première femme directeur général, Madeleine Douilliez. Ce furent mes meilleures années à la douane. Même si elle est à la retraite depuis 12 ou 13 ans, nous sommes restés amis. J’adorais ce métier mais je l’ai quitté car les heures de travail étaient trop nombreuses et, à partir de 2014, les conditions de rémunération changeaient.  J’ai rencontré des collègues d’Ostende à Arlon et des collègues du monde entier ; la douane est une grande famille et j’en ai eu la preuve chaque jour. Je crois qu’une grande partie de la douane belge me connait.
Après avoir été chauffeur,  j’ai opté pour être  « shifteur »  au service ISPS du SCGI
. Ce service est supprimé depuis septembre 2015 et je suis désormais chauffeur au laboratoire de Louvain. Cette fonction m'a énormément manqué. Et, en attendant de devenir un acteur professionnel (sait-on jamais…), je reste à la douane, « ma seconde famille ». 
D’où te viennent ces passions?

A la fin de mes humanités comme j’adorais la vitesse et que j’avais un bon coup de volant et que j’en rêvais depuis mes 14 ans, j’ai voulu faire l’école de pilotage automobile Elf à Le Mans. Hélas, cela coûtait très cher et mes parents n’en avaient pas les moyens. Ils ne me soutenaient pas du tout, que du contraire ! Ils avaient peur que je me tue. Je fais tout de même du karting et des parcours libres sur circuit à moto …  et en secret pour mes parents (chuuuutttt)

J’ai eu l’occasion par la suite de rouler sur circuit automobile en invité mais pas en course.
Mon deuxième rêve était de devenir acteur mais pour les mêmes raisons, je n’ai pas pu le faire et je n’en ai d’ailleurs jamais parlé à mes parents. Ils étaient ouvriers et ils n’auraient pas compris ce choix. Et puis, ils n’auraient pas pu payer des études aux cours Florent.
Il y a trois ans, j’ai eu l’occasion de remplacer une personne qui s’était désistée en cours de saison au sein de la troupe Les troubadours de Ramillies. Je correspondais au profil, vu qu’ils cherchaient un costaud (les années de musculation ont donc servi à quelque chose) et que, paraît-il, j’ai la fibre comique. J’ai par la suite toujours eu des rôles de rigolo au théâtre.

Au même moment, j’ai commencé à faire des figurations : j’ai figuré deux fois dans « Familie » et obtenu une fois un petit rôle dans « Buurt Politie » et dans plusieurs films français et flamands, et même anglais.

Le théâtre demande beaucoup d’énergie : apprendre le texte par cœur, le relire tous les jours, deux heures de répétition par semaine, de septembre à avril et tout cela pour jouer trois fois sur un week-end en avril. Après, plus rien jusqu’au mois d’octobre. C’est ça la vie de comédien amateur. J’en suis à ma quatrième pièce cette année, j’ai joué l’idiot costaud, le kinésiste dragueur, le cuisinier raté, et maintenant je commence l’étude d’un homme d’affaire allemand romantique et poète. La plus belle récompense, ce sont les applaudissements, les rires, les compliments après la représentation.
Qu’as-tu préféré faire? Pourquoi?

J’aime  jouer dans “Familie” car l’ambiance est sympa et les acteurs n’ont pas la grosse tête. J’adore jouer en costume d’époque.  J’ai détesté jouer dans « Profs 2 » car on jouait dehors dans le froid, les chaises s’enfonçaient  dans les pelouses dès qu’on s’asseyait dessus, et, en fin de compte, on a tous été malades après deux jours de tournage. Au théâtre mon moment préféré c’est à la fin de la représentation car avant, j’ai un trac fou et pendant la pièce, je suis super concentré.
Faut-il une formation ?

Je n’ai pas suivi de cours. Je ne sais pas si c’est inné mais je me débrouille bien, paraît-il (le public le dit) et puis nous recevons tous des conseils de notre metteur en scène. Une fois, à la VRT, une actrice m’a donné un très bon conseil : au cinéma et à la télévision, il faut être beaucoup plus sobre dans ses gestes et surtout ne jamais regarder la caméra en face.
Sous la loupe: Rudy Bellen