Martine Matthys
Agent sous la loupe
« Je venais d’avoir 19 ans, un diplôme de l’école de coiffure en poche et comme première véritable expérience professionnelle, je suis arrivée aux D&A dans un bastion masculin au port d'Anvers. Le choc des cultures n’aurait pas pu être plus grand », nous raconte Martine Matthys lors de notre entretien préliminaire.
Martine : « Je n’y ai tenu le coup que six mois. Il n’y avait même pas le moindre aménagement pour les dames sur le quai. De plus, à l’époque, mes collègues exclusivement masculins se méfiaient également des femmes sur les docks et ils me l’ont fait clairement comprendre de plusieurs façons.

Heureusement, j’ai pu obtenir une mutation assez rapidement et c’est ainsi que je suis arrivée à Bruxelles au service « Expédition » sous la direction de madame Antheunis. Elle avait la réputation d’être « particulièrement sévère », mais cela m’importait peu à ce moment-là. Je pouvais à nouveau être moi-même.
In die tijd werkte men met handgeschreven brieven in het klad. Die kwamen van over het hele gebouw terecht op de dienst "Expeditie" waar ze door de typistes werden verwerkt op een typmachine. Het werd mijn taak om de brieven van de typistes grondig na te lezen op eventuele fouten. De correcte brieven liet ik tekenen door de betrokken schrijver en maakte ze klaar voor de verzending per post.

À cette époque, on écrivait les lettres au brouillon à la main. Celles-ci arrivaient de tout le bâtiment au service « Expédition » où elles étaient traitées par les dactylographes sur des machines à écrire. J’avais pour tâche de relire attentivement les lettres dactylographiées pour y détecter des fautes éventuelles. Je faisais signer les lettres correctes par leur auteur respectif et je les préparais pour l’envoi par la poste.

Maintenant, je dois bien avouer que madame Antheunis nous menait effectivement à la baguette. Un matin, je ne me suis pas réveillée à temps. Étant donné que nous n’avions pas le téléphone à la maison, et encore moins de gsm, j’avais l’intention de prévenir ma chef depuis une cabine téléphonique sur le quai. Cependant, le train était déjà là, je n’ai donc pas passé ce coup de fil… Dès mon arrivée au travail, je me suis d’abord consciencieusement excusée auprès de madame Antheunis, mais elle n’en avait cure. En effet, elle avait déjà présumé que je ne viendrais plus et elle avait demandé à une collègue-dactylographe de me remplacer pour la journée. Cependant, cette collègue a refusé parce que cela ne faisait pas partie de ses tâches

(comprenez qu’elle ne percevait pas le salaire ad hoc). Elle estimait être dans son droit, mais madame Antheunis avait clairement une autre opinion sur le sujet. Dans la soirée, cette collègue s’est vu signifier que le lendemain, elle devait se présenter à la douane d’Anvers parce qu’elle n’était plus la bienvenue au service « Expédition » à Bruxelles… »
 
Cependant, Martine était très satisfaite dans son service. Elle aimait beaucoup son travail et l’esprit d’équipe entre collègues y était optimal. Pour ces raisons et certainement également à cause de son caractère très loyal, elle est restée au service Expédition jusqu’à ce qu’il subisse une cure d’amaigrissement (18 ans). En effet, l’ordinateur avait fait son entrée aux D&A.
Ainsi Martine et trois autres de ses collègues ont été affectées au Secrétariat de la Régie Collaboration nationale et internationale (Politique générale) à l’Administration centrale, qui depuis le 1er mars dernier se trouve sous la direction générale de Liesbet Fransen en remplacement d’Herman Van Cauwenberghe qui a fondé la Régie et qui dirige maintenant les « Opérations ».

Martine y est responsable de l’organisation d’une partie des voyages de service, de la gestion des décomptes y afférents et des communications qu’entraîne une telle tâche.
Martine : « Les demandes pour faire un voyage de service arrivent chez Maria-Anna De Simone et Christa De Waegeneer via becustoms. Elles traitent le nouveau dossier par ordinateur et transmettent les demandes avec toutes les annexes à ma collègue Nicole Goossens ou à moi-même.

Je soumets d’abord le dossier à mon dirigeant pour accord. Ensuite, j’établis une estimation du coût pour le voyage du collègue en question. Ainsi, nous cherchons notamment à savoir à combien s’élèveront les frais du voyage. Dès que nous avons fait une estimation, nous soumettons le dossier à notre administrateur général K. Vanderwaeren. Pour certains voyages, l’approbation du président Hans D’Hondt est également exigée. Après le voyage, nous comparons et réglons les coûts encourus (souches de décompte, factures) de sorte que nos collègues soient remboursés pour leurs dépenses justifiées.
 
Par ailleurs, Martine est également responsable du décompte financier de nos attachés douaniers belges à l’étranger comme : Isabelle Bedoyan (Brésil), Eddy De Cuyper (Chine), Babette Desfossez (Inde), Stefan Kessens (Afrique du Sud), Robin Machiels (Russie) et Yves Meyers (officier de liaison auprès d’Europol - Pays-Bas). Dans ce cas, il faut aussi tenir compte de l’endroit où ces personnes vont habiter pendant quatre ans, de comment se déroulera le déménagement et de tous les frais que cela engendrera. Deux de mes collègues sont responsables de ces charges et du suivi des Attachés.
Martine : « J’aime beaucoup ce travail en raison de sa grande variété et oui, je me sens parfois tellement concernée que je partage l’inquiétude de mes collègues. Si je dois encore réserver un ticket de train à la dernière minute un vendredi, il arrive que j’envoie un sms de la maison au collègue concerné pour l’informer que tout est en ordre pour son départ le lundi. »
Dans le service « Expédition » chez madame Antheunis, Martine, en tant que niveau C, n’a pas eu l’opportunité de suivre un cours d’informatique. Elle en a suivi un de sa propre initiative en cours du soir pour tout de même acquérir des notions de base. 
Martine : « J’ai saisi toutes les opportunités offertes pour étendre mes connaissances. J’ai également rafraîchi mes notions de français et d’anglais en cours du soir. Lorsque, après l’école du soir, j’exerçais un peu mon anglais, ma prononciation faisait rire ma fille… mais grâce à son aide, les gens me comprennent bien maintenant (sourire).

Pour ce travail à proprement parler, j’ai également appris beaucoup de choses de notre ancien collègue sympathique Albert Neukermans, qui entre-temps est pensionné depuis 2,5 ans, et de Chantal Criquillion. Nicole Goossens, ma collègue francophone – elle parle d’ailleurs également bien le néerlandais – qui effectue ce travail depuis des années, partage aussi volontiers son expérience avec moi.

Mais j’ai toujours eu de la chance avec tous mes collègues dans ce service. Il y règne un agréable esprit d’équipe. Avec Christa De Waegeneer, Christine Odent et Marleen Moens – qui ont été transférées comme moi du service « Expédition » et Nicole Goossens, nous formons la génération un peu plus âgée parmi tous les nouveaux et jeunes collègues. »
 
Martine : « Dans quatre ans, je prendrai ma pension – si d’ici là, rien ne change du point de vue des conditions bien sûr – et j’entamerai un nouveau chapitre avec mon époux. Et non, nous n’allons pas voyager comme vous pourriez vous y attendre vu ma fonction ici. J’aime bien rester à la maison pour avoir du temps pour laisser libre cours à ma créativité manuelle. Je prends du bon temps à travailler au jardin, à faire une excursion agréable en famille, entre amis et collègues, mais j’aime également beaucoup rouler à vélo. Je ne veux absolument pas me passer de ces contacts sociaux. »
Texte et photo : A.V.P
Rédaction : I.D.W.
Les temps étaient différents à l’époque… Ce travail exige davantage d’aptitudes Prendre du temps pour…