À l’occasion de la fête nationale, un détachement motorisé ainsi qu’un détachement à pied de la Douane ont rejoint le défilé civil. Grâce à l’entraînement professionnel dont ils ont bénéficié et à leur enthousiasme débordant, nos collègues ont livré une prestation particulièrement remarquable et nous n’en sommes pas peu fiers !
Il en va certainement de même pour les collègues des Services du Président (pour le support logistique, l’assistance fournie au stand d’information, etc.), nos collègues de P&O (pour les informations fournies sur les recrutements au stand d'information) et nos douaniers présents au stand d’information (CITT, scanvan, motards, etc.). Cette année, l’accent portait surtout sur la formation Tactical First Aid, en lien avec la thématique générale du défilé civil, à savoir « Ensemble pour la liberté et la sécurité de tous ».
Le Schakel a recueilli les témoignages de Tarek Boudaoud, d’Ariane Chavet et d’Anthony Windels, qui ont participé aux entraînements à Lombardsijde et à Gembloux, sans oublier un magnifique reportage photo réunissant tous les collègues ayant participé à la fête nationale à Bruxelles.


Défilé national 2019
Pourquoi avez-vous participé au défilé national?
Anthony: "Depuis tout petit, je regarde le défilé et les participants avec admiration. Je pense également qu’en y prenant part, je peux contribuer à une plus grande notoriété et à une meilleure image de la Douane. Le défilé est une occasion unique de promouvoir nos services. J’avais déjà pu participer l’année dernière au détachement à pied et j’avais envie de renouveler l’expérience cette année. Rien que l’ambiance de groupe me poussait à retenter l’aventure."
Tarek: "Par fierté de représenter mon pays et la corporation de douanier qui est malheureusement assez méconnue du grand public.
C'était également l'occasion de voir comment se prépare et se déroule un défilé de l'intérieur et non derrière des barrière nadar ou à la télévision."
Ariane: "Aussi, il y a des gens qui croient effectivement « que les frontières ont été supprimées et qu’il n’existe plus de douane » – sauf peut-être encore aux ports, aéroports et lors des contrôles routiers. Ils ignorent qu’en plus de nombreux fonctionnaires des Douanes & Accises travaillent dans des bureaux, comme je le fais à la succursale d’Eynatten (N.B. : C’est pour cela que je ne disposais pas de l’uniforme de brigade exigé pour la participation au défilé. Des collègues avenants m’avaient mis à disposition leurs pièces. Je tiens à les remercier ici une nouvelle fois pour ce geste.). Je souhaitais alors apporter ma petite contribution à l’amélioration de l’image générale de la douane, ainsi que représenter « le personnel de bureau » et – last but not least – représenter comme unique participante germanophone au détachement de marche la région douanière germanophone de la Belgique (un deuxième germano était parmi les motards)."
Comment s'est passée la formation?
Anthony: "Il y a tout d’abord eu une semaine de formation à Lombardsijde avec logement sur place. Il s’agissait là d’une grande différence par rapport à l’année dernière où on avait eu dix jours de formation à Anvers. Le camp à Lombardsijde nous a permis de pouvoir nous entraîner plus longtemps tous les jours et de pouvoir bosser un programme général raccourci. En séjournant au camp, nous avions la possibilité de nous rafraîchir ou même de nous changer sur le temps de midi. La brise de mer nous apportait aussi souvent la fraîcheur nécessaire.

La deuxième phase d’entraînement consistait en deux journées à Gembloux. Ces deux journées avaient surtout pour objectif de nous perfectionner dans tous les domaines. Ainsi, nous avons également eu l’occasion de découvrir ce site unique du Finshop. On a eu la chance de pouvoir faire du covoiturage, ce qui a rendu les deux heures de trajet plus agréables."
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Ariane: "De La formation était comme je l’avais imaginée : exigeante et fatigante. J’aime bien ça. Si on veut parvenir à un bon résultat final, il faut bien s’investir. Disposer préalablement d’une certaine forme physique aidait à l’entraînement. Ainsi, nous avons parcouru environ 75km de distance sur les sept jours d’entraînement (mesuré moyennant des podomètres portés).

À mon avis, il faut au moins ce nombre de jours d’entrainement pour atteindre le bon résultat désiré. Car, vu de l’extérieur, ça semble vraisemblablement beaucoup plus facile qu’il l’est réellement de marcher uniformément à 50 personnes dans le même pas, à la cadence, à même longueur de pas, avec bras / jambes / corps bien tendus en permanence, à lever bras et jambes constamment à la même hauteur et en même temps, à faire des tournures en peloton en gardant une belle ligne vers la droite ainsi qu’une belle file vers l’avant, à concentration gardée afin d’entendre et d’exercer les différents commandos à temps."


 
Ariane: "Même si ce que je viens de dire semble maintenant assez rigoureux ou rigide, je pense pouvoir dire au nom de la majorité des participants (sinon tous) qu’on a passé un très bon moment avec beaucoup de plaisir en travaillant. En tout cas l’écho général était ainsi."
 
Tarek: "Marcher, ça a l'air simple mais il y a énormément de facteurs et de détails auxquels il faut être extrêmement attentif pour que les prestations individuelle est collective soient réussies.Ce n'était effectivement pas facile car il y avait l'aspect physique par la tension générale du corps et mental par une concentration de tous les instants. Maintenant, nous avons été parfaitement épaulés par le CITT qui a fait un travail impeccable de préparation et qui a prouvé que les instructeurs étaient au top d'un point de vue pédagogique: notre réussite est la leur. Je remercie d'ailleurs tous les participants du défilé 2018 pour l'aide, les trucs et les encouragements qu'ils ont donnés aux nouveaux (dont moi) pour améliorer la technique de marche."
Comment s'est passée la cohabitation sur place?
Tarek: "Concernant les nuits, tout le monde n'avait pas le même rythme mais il y a eu un respect mutuel total: ceux qui avaient besoin de repos n'ont pas été dérangés dans les chambrées où on était parfois 7-8."
Anthony:"Le fait que beaucoup d’entre nous restent loger au camp à Lombardsijde, a contribué rapidement à une bonne ambiance au sein des participants et nous a permis de mieux nous connaître. La cohabitation a toutefois été difficile à certains moments, notamment la nuit lorsqu’il y avait un concerto de ronflements dans la chambre. D’après mes collègues, je ne suis pas totalement étranger à ces nuisances nocturne!"
Ariane: "Les nuitées passées dans le camp militaire étaient également comme imaginées : sanitaires communs au couloir (nettoyés chaque jour) et hébergement dans des chambres pour groupes simplement équipées ; en conséquence un silence total la nuit n’était pas attendu et impossible. Je me débrouillais très bien avec ces circonstances. Cependant, une autre participante me disait lors d’une conversation, avoir plus difficile puisqu’elle n’avait pas imaginé le drill et les conditions de logement comme ça."
Comment votre famille a-t-elle réagi à votre absence?
Tarek: "Il est vrai par contre qu'il faut trouver des arrangements pour pouvoir s'absenter de la maison une semaine complète: j'ai eu la chance d'avoir une femme compréhensive qui s'est occupé de notre troisième enfant pendant que mes beaux-parents étaient à la mer avec mes deux filles de 6 et 4 ans."

Anthony: "Sur le plan privé, la participation au camp constituait bien entendu une contrainte importante. Pour ma compagne, cela ne posait pas de problème que je participe, même si je n’avais plus l’habitude de m’absenter aussi longtemps. Heureusement, ce ne sont pas les moyens de communication qui manquent aujourd’hui pour rester en contact. J’ai également de très bons collègues à Roulers qui sont allés manger un bout avec elle pour couper un peu la semaine."
Ariane: "Ma famille a bien réagi et appréciait ma participation. Mes enfants sont déjà grands et assez indépendants. La dernière habite encore chez moi, mais sait s’organiser elle-même. Elle aime encore bien avoir toute la maison pour elle.
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Comment était l'ambiance au sein du groupe? Cette formation a-t-elle contribué à un bon esprit de corps?
Ariane: "Pour l’entraînement du détachement de marche à Lombardsijde on était à 31 flamands, 14 wallons, 1 germanophone. Au début, on était réparti en deux groupes linguistiques (FR+NL) pour d’abord entendre les différents commandos dans une seule langue et pour apprendre à les exercer en petits groupes. Ce qui faisait qu’au début les groupes ne se mélangeaient que peu. Mais après regroupement des deux groupes un sentiment communautaire se développait petit à petit et on se rapprochaitLes instructions étaient toujours données dans les deux langues, néerlandais et français. Plusieurs fois, l’instructeur en chef Dirk les donnait encore une fois en langue allemande exprès pour moi ce qui faisait qu’en période initiale tout le monde me regardait. Ça me gênait quand même un petit peu… car premièrement je ne voulais pas avoir un traitement spécial (et de toute façon ne pas attirer autant d’attention) et deuxièmement j’avais compris les explications déjà sans traduction.Pourtant, à vrai dire ce n’était même pas un traitement spécial, mais seulement’ l’assimilation avec les autres et par conséquent il n’y avait aucune raison de se sentir gênée de recevoir les infos en langue maternelle (et troisième langue nationale officielle). Chose bien normale et évidente pour mes collègues néerlandophones et francophones, mais malheureusement pas encore pour nous les germanophones. Et c’est dommage. Donc à la suite de ces réflexions, je décidais d’accepter dès lors volontiers les efforts bien-intentionnés de Dirk et aussi de signaler dès lors ma présence aux appels journaliers avec le mot en langue allemande « Anwesend ». Rétrospectivement un processus amusant et intéressant qui me fait sourire.

J’ai ressenti l’atmosphère générale dans le groupe et son esprit de corps comme très positifs et constructifs. L’esprit de corps se développait également par coups de pouce, que ce soit par exemple en vérifiant mutuellement le port correct de l’uniforme avant inspection par l’instructeur, ou bien encore en exerçant en plus la coordination bras-jambes avec ceux qui y avaient plus difficile."
Anthony: "Je trouve que l’ambiance était excellente. Comme beaucoup d’entre nous logeaient à Lombardsijde, il y avait un véritable esprit de corps/groupe. Parmi les 50 participants, je pense que nous étions 35 à dormir sur place. Il faut encore y ajouter 10 à 12 instructeurs du CITT (pour l’encadrement, la logistique, etc.).

Après les entraînements, on avait l’occasion le soir de discuter et de se détendre ensemble. Certains d’entre nous avaient même encore assez d’énergie pour faire du sport ensemble.

Les personnes que vous apprenez à connaître au sein d’un tel groupe deviennent parfois de véritables amis ou une aide à laquelle vous pouvez faire appel dans le cadre de votre travail pour la Douane. "

Tarek: ""Il y avait 30 néerlandophones, 14 francophones et une germanophone mais plus que des personnes que l'on découvre, on a eu l'impression d'être en team-building avec des collègues de tous les jours. C'était vraiment agréable de voir tout le monde discuter, blaguer, s'aider et même boire un verre ensemble: il n'y avait pas de Flamand, Wallons, germanophones, on était tous des Belges fiers de leur pays et prêts à travailler dur pour le représenter. "
J'ai ainsi pu poser quelques questions en matière de contrôle des passagers à mes collègues de Zaventem qui ont défilé à mes côtés, et j’ai pu aider un autre collègue dans le cadre d’un PV avec lequel il rencontrait des difficultés."
Des tongs


Ariane: "Après une matinée riche en kilomètres marchés dans le camp ensoleillé de Lombardsijde, quelques dames parmi nous (moi compris) avaient les pieds en feu dans leurs bottes de combat, raison pour laquelle nous avions mis des tongs pour le repas au mess militaire pour aérer et soulager les pieds mais en restant habillé en uniforme pour le reste. Déjà en entrant au mess – le « flapp – flapp » de nos tongs étant bien audible – nous attirions plein de regards…

Un peu plus tard, un militaire nous faisait gentiment mais très fermement la remarque en nous instruisant concernant notre habillage de pied non désiré. Ayant un peu honte et ignorant qu’un code vestimentaire si sévère pour le mess existait, nous nous sommes excusées et avons tenu compte à partir de là toujours leur code.

Mais avec cela, l’histoire n’était pas encore finie. Elle entraînait encore des vagues de briefing en code vestimentaire pour TOUS nos collègues douaniers de la part de nos instructeurs. Briefing comme quoi le code des militaires demande qu’on vienne soit en uniforme complet ou soit entièrement en civil et pour ce dernier ne pas porter de chaussures ouvertes ni montrer des parties de jambes non couvertes, et comme quoi, quand, en uniforme, nous devions dès à présent parcourir tous les chemins entre les bâtiments du camp avec couvre-chef porté sur la tête.

Au prochain repas, nous nous sommes présentés de nouveau correctement en uniforme complet et avons récolté pour cela des regards satisfaits et bienveillants des militaires."
         Pascal Flament.

Anthony: "Les journées commençaient systématiquement par l’appel des noms. On était alors tous en place repos et au moment de l’appel de notre nom, on se mettait au garde-à-vous et on répondait « présent ».

Le dernier jour des entraînements, nous avions tous décidé de rendre l’appel un tantinet plus mémorable. Lorsqu’au moment de l’appel, le tour de notre collègue francophone Pascale Flament (brigade de Mouscron) est arrivé, tous les collègues flamands ont répondu « présent » en se mettant au garde-à-vous. Le commandant du détachement et nos instructeurs se sont alors mis à rire."
Avez-vous de chouettes anecdotes à nous raconter?
Tarek: "Le premier jour à Gembloux, nous avons été attaqué par des minuscules mouchettes d'orage: étant donné que l'on ne pouvait réagir, ça a été très compliquer de rester stoïque et de continuer à marcher. A la fin du tour de bâtiment, au moment de donner les ordres de repos, notre instructeur nous a autorisé à nous gratter. C'était impressionnant de voir 45 personnes se gratter le visage, le cou et les bras en même temps!"
Comment avez-vous vécu ce 21 juillet?
Tarek: "Le stress est monté crescendo au cours de la journée: on est arrivé à 10h à Bruxelles pour être prêt à marcher à 16h. Mais une fois descendus du car, on s'est rendu compte qu'on y était, que c'était réel: la foule était présente avec chapeaux, drapeaux, peinture sur le visage.

On a ensuite pu marcher quelque peu jusqu'à notre point de départ du défilé et on a vu la concentration grimper en flèche: on a remarqué que nos déplacements étaient bons et que nos arrêts étaient bien marqués et que la foule était réceptive et impressionnée, ça nous a boosté.

Par contre, une fois que nous avons démarré, j'ai eu l'impression d'être dans une bulle. Je ne voyais ni n'entendais la foule à côté de nous: j'ai regardé droit devant moi en me focalisant sur la marche et la musique.

Une fois arrêté, le stress est retombé: on s'est tous applaudi, on a souri, on était fiers parce qu'on savait qu'on y était arrivé et que notre prestation était convaincante."

Ariane: "J’ai vécu le 21 juillet en fun, fierté, sentiment communautaire entre nous - mais néanmoins avec le sérieux et la concentration nécessaires pour la tâche à accomplir.

Je pense qu’on a réussi à donner une bonne image de la douane et de son personnel. En tout cas, moi je suis très contente de notre résultat et de la superbe expérience au sein de ce groupe hétéroclite à l’origine."
Anthony: "J’ai pu en profiter davantage cette année. Comme j’avais déjà participé une fois au défilé, le stress n’est arrivé qu’au dernier moment. Je savais à l’avance que la majeure partie de la journée consisterait à devoir attendre. Il allait falloir attendre l’inspection, le ministre et le feu vert pour enfin pouvoir commencer.

Même si notre dernier entraînement ne s’était pas passé au mieux, nous savions que plus tard, tout se passerait comme prévu. Au moment de boucler notre ultime entraînement et de défiler à l’extérieur, nous avions déjà entendu quelques policiers dire qu’on se débrouillait très bien. Lorsque les autobus nous ont déposés à la Colonne du Congrès, nous avons défilé en rang vers notre poste de garde. On s’est arrêté à côté du détachement des anciens combattants. Dès que les rangs ont été rompus, quelques vétérans m’ont adressé la parole pour me dire que notre peloton se débrouillait très bien et que l’on pouvait être fiers. C’était un réel plaisir de recevoir un tel compliment de leur part."

Avez-vous envie de revivre cette expérience?
Tarek: "Bien sûr, les sentiments de fierté et d'unité seront intacts dans un an! Nous avons montré avec le détachement motorisé ainsi que les différents stands que la douane existait, était bien présente sur le terrain et savait travailler sérieusement et avec rigueur.
Nous espérons simplement avoir plus de temps d'antenne l'an prochain ainsi que des commentaires mettant en avant notre travail."
Ariane: "Oh oui, absolument ! J’y participerai de nouveau l’année prochaine – espérant qu’il n’y aura pas d’imprévu de dernière minute qui m’empêchera. J’en ai parlé à mes collèges pour les motiver à y participer. On verra si ça portera ses fruits."
Anthony: "Même s’il faut s’adapter chaque année au drill et défiler pendant longtemps, je me réinscrirais immédiatement si j’en avais l’occasion, à condition évidemment que ma vie privée me le permette. Il n’est en effet pas évident de s’absenter toute une semaine de la maison."

Photos: Dirk Berckmans, Claude Heyman, Karin De Vos en Anthony Windels
Mise en page: A.V.P.

Interdit de gratter!

j'étais de la partie !