Découvrir des passagers suspects
Des personnes désespérées qui avalent des dizaines de boulettes de cocaïne ou d’héroïne pure pour les introduire en Europe en mettant leur vie en danger. De la drogue cachée entre les vêtements, dans les barres ou sous un double fond de la valise. Un chiot husky vivant ou des hippocampes séchés dans le sac à mains, des valises pleines de cigarettes ou même d’argent en cash... Vous n’imaginez pas tout ce que peuvent rencontrer nos collègues du PIT (Passengers Information Team) à l’aéroport de Zaventem. L’inventivité des contrebandiers est sans limite.
Cette mule avait avalé 68 boulettes (872 grammes) d’héroïne.
Deux valises complètement remplies de 40 kg de kath frais
Un voyageur transportant dans son sac à dos 6,580 kg ou 6 blocs de cocaïne.
Que dites-vous : “PIT” ?
Le PIT ou le Passenger Information team fait partie, depuis le 6 novembre de l’année dernière, du Group Anti Drugs à l’aéroport de Zaventem. La nouvelle équipe cible les passagers qui partent ou arrivent quotidiennement à l’aéroport et qui sont suspectés d’introduire de la drogue, du cash, cites et autres substances illégales.
Patience et assiduité
Collègue PIT : « Là où l'on travaillait auparavant sur des conseils, nous nous spécialisons maintenant dans l'approfondissement rigoureux de toutes sortes de données présentes pour établir un profil de risque et pour détecter les passagers suspects.
Lorsque nous sommes convaincus qu’un ou plusieurs passagers sont suspects de contrebande, nous l’attendons à l’aéroport au départ ou à l’arrivée. En cas de départ, cela peut durer des heures car vous avez 3 heures pour vous faire enregistrer en tant que passager. Une fois l’homme ou la femme répéré(e) et son bagage enregistré, nous nous rendons rapidement vers la soute à bagages pour examiner les valises. En cas de résultat, nous réglons les auditions, nous saisissons les marchandises et nous rédigeons le procès-verbal. Ensuite, la personne est transférée à la police locale. Nous faisons tout de A à Z et c’est gratifiant. Après la prise d’échantillon des marchandises saisies, celles-ci sont immédiatement détruites.
Succès enregistrés
Depuis le mois de novembre de l’année dernière, cette équipe, qui est disponible 24/7, a pu mettre la main sur plusieurs marchandises interdites passées en fraude dans le pays ou en dehors du pays.

Plus de 775.000 euros en cash

Plus de 400 kilos de drogue

+/- 250.000 cigarettes

Différentes découvertes en infraction de la convention CITES

1 passeur
Ils ont trouvé plus de 670.000 euros dans la valise d’un passager suédois. Il avait caché les paquets de billets de 500 euros dans le double fond de sa valise.
2 dames ont introduit, dans notre pays, 26 kilos de cocaïne réparties sur 22 paquets dans leur bagage à main.
Contrebande de cigarettes
Les choses les plus étranges que nos collègues ont pu découvrir, comme un chiot dans un bagage à main.
Les Asiatiques ont souvent sur eux des hippocampes qui sont menacés d’extinction. Les petites bêtes sont pêchées et séchées en plein soleil.  C’est navrant, surtout quand on sait que les hippocampes sont monogames....
Aucune entreprise individuelle
Collègue PIT : « Chacun, dans notre équipe, a déjà atteint un succès personnel mais il ne s’agit jamais d’une réussite individuelle. Quand j’ai commencé ici, j’avais déjà une bonne dose d’intuition, une expérience de travail dans d’autres services douaniers et beaucoup d’enthousiasme. Heureusement, les collègues qui ont déjà plusieurs années d’expérience dans la constatation de mouvements suspects de marchandises et de personnes nous aident spontanément à apprendre à établir les bons profils de risques. Nous échangeons également régulièrement nos connaissances et nos compétences avec nos collègues à l’étranger.
Les données que nous devons analyser ne sont pas légion. Les passagers sont également pris en flagrant délit. La contrebande est considérable et toute aide est la bienvenue. Chaque jour, nous pouvons dès lors compter sur la bonne collaboration avec les collègues de l’équipe GAD « Cargo », l’équipe de surveillance des D&A, l’équipe Cash, la Douane aux arrivées et départs, les équipes cynophiles mais également une police locale et judiciaire, des contacts auprès des compagnies aériennes et de nombreux autres collègues travaillant dans cet aéroport pour que nous puissions mener à bien nos tâches. »
Pas dénué d’émotions
Un collègue PIT raconte : « Vous ne pouvez jamais savoir de quoi la journée sera faite. La semaine dernière, nous sommes tombés par hasard sur le joueur de football Vincent Kompany et son coach. Ils faisaient le voyage d’Angleterre jusqu’en Russie et devaient passer par la police locale pour un contrôle d'identité. Nous avons discuté un peu... Évidemment, ce sont de très chouettes moments.
Confronter des passagers suspects avec nos soupçons de contrebande n’est pas très agréable. Cela se termine souvent par des fouilles au corps. Alors, ils réagissent souvent par des agressions verbales. Ces prises de bec nous touchent évidemment, mais il faut rester aussi calme que possible et de ne pas laisser la situation s’aggraver. Je n’ai pas encore été confronté à des agressions physiques, mais au pire des cas... nous sommes armés. »
Un collègue de l’équipe Cash ajoute : « Les personnes en colère s’expriment de différentes manières. À l’époque où je travaillais encore aux Douanes, à l’Arrivée, il est arrivé qu’une femme urine sur le sol de notre bureau car nous avions saisi son poisson séché, non autorisé. »
Le collègue Pit poursuit : « Les contrôles d’urine sont inhérents à nos contrôles liés aux drogues. Lorsque nous soupçonnons que des passagers ont avalé des boulettes de drogue, ceux-ci nient généralement catégoriquement. Nous les invitons alors à se soumettre volontairement à un test d’urine. Bien que les drogues soient emballées hermétiquement, il y a toujours des résidus et, dans ce cas, le test d’urine s’avère positif. Certains espèrent quand même y échapper en disant qu’ils n’arrivent pas à uriner. Même après avoir bu un litre d’eau... mais on ne peut pas repousser l’inévitable. En cas de test positif ou de refus, le parquet donne l’ordre de faire faire un CT-scan à l’UZ à Bruxelles. Ce scan prouve que nous avions raison ou non. Si le résultat est positif, il s’agit d’un flagrant délit et cela signifie trois années de prison ferme avec effet immédiat ! »
On ne reste pas toujours insensible lorsqu’on apprend les raisons pour lesquelles des mules risquent leur vie pour des sommes dérisoires. Il apparaît souvent qu’ils ont cruellement besoin de la somme promise car ils sont eux-mêmes, ou un membre de leur famille proche, malades. Et imaginez si l’une de ces boulettes de cocaïne pure devait éclater. Dans ce cas, il n’y a plus de retour possible ! »
Un message clair
Collègue PIT : « Après six bons mois, nous avons déjà acquis pas mal d’expérience et cela a abouti en de sérieuses constatations. C’est un message clair aux trafiquants de drogue : Brussels Airport n’est pas une porte ouverte pour introduire de la drogue en Europe via notre aéroport.
Photos : GAD-team Zaventem
Texte: A.V.P. - Mise en page: Ilse De Witte