Chantal Criquillion
Agent sous la loupe
Chantal, pouvez-vous nous dire pourquoi la Belgique offre une telle formation?
Depuis 1972, l’Administration belge accueille des stagiaires étrangers pour une formation accentuée sur le système harmonisé de désignation et de codification des marchandises, la vérification des marchandises, la valeur en douane et autres législations douanières. Cette pratique d’assistance technique a été institutionnalisée en 1981 par une Recommandation du 18 juin 1981 du conseil de Coopération Douanière (CCD), aujourd’hui Organisation Mondiale des Douanes (OMD). Son but est de promouvoir la coopération technique en matière douanière et d’accueillir des fonctionnaires des douanes au sein des Ecoles.

Nous accordons une grande importance à cette mission et pouvons affirmer que notre école jouit d'une excellente réputation, ce qui contribue à l'image positive de notre administration.
Depuis cette année, nous ne parlons plus d’« Ecole belge de vérification » mais d’« Ecole des Douanes belge » parce que nous voulons répondre pleinement aux besoins exprimés par les pays qui demandent de l’assistance en matière de formation : garder la spécificité de notre Ecole tout en complétant la formation technique par des formations générales mais importantes comme le management, le contrôle d’audit, l’éthique, etc.
 
 
 
Pour la première fois, un participant de Guinée participe à la formation offerte par notre Administration à l’«Ecole des Douanes belge». Depuis plus de 20 ans, notre collègue Chantal Criquillion s’occupe des stagiaires étrangers.
Combien de stagiaires sont-ils inscrits cette année et de quel pays viennent-ils ?

Cette session est suivie par 30 participants. Comme chaque année, ils sont originaires des pays d’Afrique centrale comme : la république Centrafricaine, le Congo, la Côte d’Ivoire, le Gabon le Togo mais aussi Djibouti et les Comores. Et cette année, nous accueillons un stagiaire de Guinée pour la première fois.
Quel est votre tâche dans ce domaine ?

J’ai la gestion de la formation et de l’organisation de la session de ces stagiaires. Je reçois les demandes d’inscription des Directeurs généraux des pays concernés, j’examine les demandes, communique les réponses d’inscription et je suis les dossiers. Je m'assure que les cours se passent bien et j'interviens si des problèmes surviennent.
À quoi ressemble la mise en œuvre pratique de ce partenariat?

Les Administrations douanières des pays africains sont très intéressées par notre Ecole et nous transmettent chaque année des demandes d’inscription pour des fonctionnaires de leur administration.
La formation théorique est complétée par quelques jours pratiques sur le terrain, dans différents services de notre Administration, généralement dans des grands centres économiques importants comme Anvers, Bierset, Zaventem et des contrôles avec les Entités mobiles de Liège ou de Mons.
Je dois également faire remarquer que cette formation se donne en français. Notre Administration prend également les frais de la formation, dispensée par les fonctionnaires enseignants et quelques part-time, et également les repas durant les jours ouvrables de la session académique. Les stagiaires peuvent donc prendre leur repas dans le mess des Finances, du Finto à Bruxelles.
Avant leur départ, les stagiaires doivent organiser leur séjour en Belgique : contact avec leur ambassade pour la recherche d’un logement. Certains pays louent d’année en année les appartements pour les stagiaires. Le séjour en Belgique est financé par leur administration
Lors de la journée d’ouverture de la session, j’accueille les stagiaires à l'école qui se trouve maintenant à la FINTO (Finance Tower) à Bruxelles, je leur souhaite la bienvenue et leur explique le déroulement de leur stage de formation en Belgique. S'ils ont des questions pratiques sur le programme, ils peuvent toujours me contacter. Pendant mon temps libre ou le week-end, mon aide est rarement invoquée. Les stagiaires s’organisent entre eux. Bien qu'il y a deux ans, un samedi après-midi, j'ai reçu un appel paniqué disant que l'une de nos stagiaires venait de mourir, suite à une intervention médiale. Bien sûr, j’étais présente et je les ai accompagnés tout au long de la semaine de deuil et j’étais présente aux obsèques de notre collègue.
Après 9 mois de formation intensive et permanente, les stagiaires reçoivent un diplôme pour autant qu’ils aient réussi avec fruit, c’est-à-dire avoir au minimum 60% des points. Nous pouvons également dire que notre Ecole a formé plusieurs Directeurs généraux, c’est le cas au Bénin et en Côte d’Ivoire.
Bientôt, vous allez vous partir à la retraite. Avez-vous des collègues qui peuvent prendre en charge vos tâches?

Je voudrais souligner que sans l'aide de plusieurs collègues de notre administration, je ne serais pas capable de faire ce travail : la coopération en matière de formation est un travail d’équipe. Par exemple pour organiser les stages sur le terrain pour nos étudiants, j'ai toujours pu compter sur des collègues sur place
Anthony Gaye, Sophie Cochart et Victor Micu, sont trois jeunes collègues de mon service, recrutés depuis moins de 2 ans, bien intégrés dans l’organisation de cette formation. Mais qui va me remplacer à la tête de l’Ecole, je ne sais pas encore…..

Comment revoyez-vous ces 20 dernières années en tant que manager de cette école des douanes belge?

Je regarde avec beaucoup de plaisir cette période de ma vie professionnelle. Ce travail est très enrichissant. Vous rencontrez tellement de gens et avec certains, vous gardez des contacts étroits et permanents. Il arrive souvent que de nouveaux étudiants me remettent des salutations d’anciens stagiaires et je reçois même des messages Facebook de leur part.
Personnellement, je me suis toujours sentie heureuse dans ma fonction, que je quitterai avec un peu de regrets, c’est vrai, mais avec beaucoup de souvenirs agréables.

Texte: Anne Van Puymbroeck
Photos: Claude G.R. Heyman  - Bert Verhoeven
D’autres accords ont-ils été conclus ?

Nous avons également des accords bilatéraux avec plusieurs pays. Récemment nous avons signé des accords avec le Togo, le Gabon et Djibouti afin de fournir le soutien en matière de formation et de perfectionnement. C’est ainsi que nous avons mené des actions au Togo en matière d’opérateurs économiques agréés en cogérant un séminaire international, réunissant les douanes et le monde économique togolais ainsi que des représentants des douanes de la Sous-région UEMOA. Nous avons également envoyé des formateurs pour y dispenser des formations théoriques, tandis que des formations pratiques, sur le terrain, ont été organisées pour des petits groupes de collègues, en Belgique.